Je voudrais partager avec vous un extrait de ce livre très intéressant sur les plagiocéphalies.

Il est rédigé par deux médecins, les Docteurs De Gasquet et Marck et a pour objectif, je les cite, de «  témoigner, démontrer, dénoncer, proposer » un point de vue différent sur ce phénomène en expansion de tête aplatie touchant près d’un nouveau-né sur deux.

La plagiocéphalie, qu’est-ce-que c’est ?

A partir des années 95 sont apparues chez les nourrissons occidentaux des déformations touchant l’arrière de leur crane, celui-ci se trouvant aplati dans son ensemble ou sur un coté, appelée plagiocéphalie postérieure d’origine positionnelle.

En effet quand  bébé dort sur le dos, l’arrière de sa tête repose sur le lit. La forme du crane étant ovale comme un œuf, sa tête bascule vers un côté, et les muscles de son cou ne sont pas suffisamment toniques pour empêcher cette bascule. La force mécanique constamment dirigée sur un même coté entraine une pression sur le crane et donc un aplatissement.

Le lien est aujourd’hui bien établi entre ce phénomène grandissant de plagiocéphalie et le mode de couchage des nourrissons imposé sur le dos. Cette loi du «coucher strict sur le dos» est un consensus pris par le monde médical afin de prévenir la mort subite du nourrisson, fléau des années 70 aux États unis et en Europe suite aux recommandations du «coucher sur le ventre». Dans ce contexte, on comprend facilement, que la question des têtes plates est un sujet délicat à aborder.

«La loi du coucher sur le dos strict a entrainé depuis 20 ans l’émergence puis la progression des plagiocéphalies postérieures d’origines positionnelles.»

Selon les Dr De Gasquet et Dr Marck, les médecins contournent la difficulté en affirmant que ces déformations crâniennes ne sont que transitoires et disparaissent avec l’âge et qu’elles sont de toute façon peu importantes et sans incidence sur le développement de l’enfant. Le discours est même contradictoire puisque d’un côté on donne des conseils pour prévenir la survenue d’une déformation crânienne, et d’un autre on affirme que la déformation, si elle existe, finira par disparaitre avec le temps et qu’elle est sans conséquence sur la santé de l’enfant.

L’industrie de la puériculture s’est elle aussi précipité dans ce marché juteux afin  « d’aider » les parents à faire respecter cette loi du coucher sur le dos, en utilisant comme argument premier la peur des parents. Sur le dos sinon rien !

«La pédiatrie oscille entre la reconnaissance qu’il y a un problème et la négation de son importance.»

Cependant cette asymétrie osseuse, oblige le cerveau en plein développement à suivre lui aussi une expansion asymétrique et il est légitime de s’inquiéter de possibles conséquences neurologiques, psychomotrices et cognitives. De plus cette asymétrie de la voute et de la base du crâne, l’avancée d’une oreille et d’une hémi-face, risque de retentir par effet domino, sur le plan maxillo-facial et sur le plan cervico-vertébral.

« Tout enfant a droit au respect de l’intégrité de sa morphologie naturelle initiale. Et à sa correction si nécessaire »

La position sur le côté, une solution ?

Les auteurs de l’ouvrage proposent la position sur le côté qui est selon eux la plus physiologique pour bébé, et est privilégiée dans les pays non occidentaux depuis toujours.

Quand il sort du ventre de sa mère, le bébé reste un long moment replié sur lui, gardant l’empreinte de l’utérus dans lequel il était moulé et replié. Ce n’est que plus tard qu’il se dépliera peu à peu par lui-même, saura allonger ses jambes par intermittence et perdra doucement ce tonus initial de flexion.

Un dos arrondi et des jambes relevées n’est pas une situation particulièrement stable pour rester allongé sur le dos. Ainsi placé sur son dos, bébé cherche à augmenter sa surface d’appui en plaçant ses bras de chaque côté de sa tête, en U; cette position en chandelier  provoque alors une instabilité qui peut être anxiogène. Quant à la tête, l’appui est postéro-latéral, donc avec un risque de plagiocéphalie si sa tête est plus souvent tournée d’un côté.

«L’utérus est courbe, le nouveau-né aussi !»

La position latérale serait donc la plus physiologique car elle respecte la mémoire de la courbure utérine. Elle permet une meilleure stabilité, car la surface d’appui est plus large. Cette position est donc plus apaisante et ne génère aucune réflexe de peur : repliée, une de ses jambes est en contact avec le plan horizontal. Il n’y a pas de risque de bascule sur le ventre avant 2 mois , le bras du coté ou il est tourné est soit replié contre lui, soit plus ou moins étendu sur le plan du lit. La seule chose qu’il puisse faire c’est se retourner sur le dos (sauf dans 2 situations en cas de cododo et si l’enfant est emmailloté : plus de détails dans le livre).  Cette position latérale évite tout appui crânien occipital et est plus sure lors de reflux.

 « Si il n’y a pas de cododo ni d’emmaillotage, la position sur le coté est la plus physiologique pendant les premières semaines et sans risque de retournement sur le ventre avant l’âge de 2 mois »

  Le rôle du chiropracteur ?

Chez la femme enceinte, en plus de prévenir et de soulager les douleurs pouvant être liées à la grossesse , le rôle du chiropracteur est :

  • d’assurer un environnement optimal pour la croissance de bébé en permettant une adaptation harmonieuse du corps de la maman  tout au long de la grossesse. Il travaille à la mobilité des côtes, du bassin et de la symphyse pubienne et à détendre les tensions musculaires dans le but d’éviter d’éventuelles pressions prolongées sur le crane du bébé pendant la grossesse.
  • de conseiller les meilleures positions à prendre pendant la grossesse,  le travail et l’accouchement.

Chez le nourrisson, en plus d’assurer l’équilibre de toute la musculature et une harmonie de l’allure générale du nourrisson, le role du chiropracteur est :

  • de proposer un discours préventif face aux plagiocéphalie en conseillant les parents pour organiser le coucher physiologique et sécuritaire des jeunes nourrissons.
  • d’apporter des conseils éclairés sur le matériel de puériculture et les moyens de portage qui semblent préférables pour le respect de la physiologie de l’enfant et ses parents.
  • d’orienter la mère dans les positions optimales d’allaitement et de portage.

En cas de plagiocéphalie, le chiropracteur :

  • assure un suivi du développement du crane tout au long des 18 premiers mois.
  • corrige les déformations du crâne à l’aide de pressions douces et de gestes adaptés et non douloureux.
  • propose  un repositionnement actif et adapté du bébé pendant son sommeil si nécessaire.

  « Un discours préventif préviendra efficacement les plagiocéphalies »

Le chiropracteur travaille en collaboration avec le pédiatre et le kinésithérapeute. Une consultation chez le chiropracteur ne remplace pas une consultation chez un pédiatre.